Juin 2007
Sur Heidegger toujours...
(dans le cadre d'un débat houleux avec des étudiants de la Sorbonne)
Pour ne pas paraître si insensé, je préciserai plusieurs choses à l’attention des visiteurs de ce site, et pour le bien du débat actuel sur Heidegger :
E. Faye utilise des textes inédits, non encore publiés et pas prêts de l’être, vue la teneur scandaleuse des propos tenus par Heidegger durant les séminaires de la période nazie. Il va sans dire que selon l’analyse menée par Faye sur les textes écrits avant, pendant et après la guerre, pour sans cesse démontrer, sans aucune fausse interprétation de sa part, puisqu’il procède de façon sutructuraliste sur le vocabulaire heideggerien - à mille lieues de la méthode d’Heidegger, il faut le souligner -, que Heidegger était bel et bien nazi.
D’un autre côté (voyez Paroles des jours), l’unique défense déployée par les avocats de Heidegger consiste en un déploiement proprement militaire de coups bas : carences intellectuelles pour J.-P. Labrousse, calomnie éhontée selon G. Guest, machination et campagne de désinformation selon H. France-Lanord, et, la meilleure d’entre toutes les attaques : faire passer son ennemi pour un fou paranoïaque, constante de l’argumentaire pro-heideggerien - ou plutôt anti-Faye.
Serions-nous donc en guerre mes amis ?!Et serions-nous les nouveaux ennemis ? Nous, les partisans du soupçon et du doute ?
Seulement, la manière dont Fédier et son entourage prennent à coeur les éléments avancés par Faye, avec tant de zèle pour défendre le mentor de Messkirch et tant de mauvaise foi dans le dénie de la vérité, dessert tout bonnement leur position.La bassesse de leurs arguments et leur passion à dénoncer le complot qui se trame autour du “penseur” (mort, il faut le rappeler), ont tout du prosélytisme cultuel. Leur feu trahit une fascination pour Heidegger - fascination directe pour Fédier et par procuration pour ses héritiers intellectuels. En aucun cas ils ne semblent pouvoir passer outre ce qui, s’ils se sentaient un peu moins en porte à faux, devrait plutôt se résumer pour eux à une simple frasque d’historien insensé. Mais chacun sait qu’il n’en est rien.
Pour ma part, je ferai de la “moralité” mon cheval de bataille. Penser sainement l’histoire et les faits, non pour les connaître, mais pour que cette science, quoiqu’elle ne soit jamais objective, atteigne au moins la plus haute impartialité possible et qu’elle ait son utilité morale.
Autre perspective.Pour les moins atteints parmi les partisans de Heidegger, parmi lesquels quelques sorbonnards enthousiastes , le travail de Faye ne serait pas autre chose que la volonté, émanant d’occultes censeurs invisibles, mais prolifiques dans l’art de calomnier, de traîner dans la boue et de manipuler les consciences.Selon eux, ces censeurs empêcheraient tout le monde de penser librement en appelant en effet à boycotter l’enseignement et tout l’oeuvre de Heidegger.
Pour ma part, je garde entièrement la position que j’ai toujours adoptée depuis que je suis “sorti” de Heidegger - à savoir trois années après m’y être follement plongé - et considère que sa pensée n’est rien de plus qu’une pseudo-ontologie. Ses catégories sont insuffisantes.
Mais étudier Heidegger sans parler de son nazisme avéré reviens selon moi à passer sous silence ce que le nazisme représente : non pas une échappatoire ou une erreur allemande dans laquelle des intellectuels de renom se seraient fourvoyés, mais l’expression pleinement consciente d’elle-même du peuple allemand, une volonté générale, à un moment donné et dans des circonstances bien précises, de se jeter à corps perdu dans un processus d’autodestruction orchestré par un chef à la fois autoproclamé et désigné à cette fin.Heidegger ne fut qu’un parmi les allemands. Et en ce sens, il ne mérite pas l’attribut de “philosophe”. Tout au plus admet-on, en suivant ainsi l’avis de Faye, qu’il fut un “penseur nazi”, et en ce sens aussi, nous affirmons qu’il existe bien une “pensée nazie” - contrairement à l’affirmation trop facile selon laquelle le nazisme ne pense pas… Opinion périlleuse qui, pour vouloir défendre à tout prix un penseur compromis avec le mal, va jusqu’à nier que le nazisme ait été tout à la fois construit, rationnel et inhumain.
Débattre et remettre sans cesse sur le métier cette question - ce qu’ont reproché à Farias et à Faye les défenseurs d’Heidegger -, nous amène à lutter contre ces défenseurs, indirectement certes, mais nécessairement, car ils nient la réalité des faits.
Nous ne les combattons que parce qu’ils se sentent le devoir impérieux de répondre aux études historiques sérieuses par de graves accusations.Je le répète, le seul argument phare des heideggeriens consiste à stigmatiser les études de Farias et de Faye comme autant de manipulations, d’escroqueries intellectuelles venant d’auteurs en manque d’intelligence et de compétences, qui plus est complices des grands médias (Le Monde étant toujours le premier visé en ces cas-là).Autant dire des anti-arguments.
Ainsi nous échinons-nous : à vouloir éduquer des plantes desséchées, mais des plantes aux vertus suffisamment efficaces pour produire encore leurs effets sur les étudiants et les jeunes chercheurs.
Donc nous nous exprimons au nom de l’humain - et d’une définition de l’humain qui dominait depuis trois cents ans jusqu’à ce que les grandes guerres et les régimes d’Hitler et Staline viennent créer la cassure irrémédiable - à laquelle on pourra encore moins remédié en allant piocher chez C. Schmitt, M. Heidegger ou E. Jünger, n’en déplaise aux Fédier, Derrida et autres.
L’oeuvre de Faye, pour aussi radicale qu’elle puisse paraître, ne propose qu’une chose : qu’Heidegger soit comme il se doit catalogué dans le registre des auteurs nazis. En quoi y-a-t’il là matière à discuter ?
E. Faye utilise des textes inédits, non encore publiés et pas prêts de l’être, vue la teneur scandaleuse des propos tenus par Heidegger durant les séminaires de la période nazie. Il va sans dire que selon l’analyse menée par Faye sur les textes écrits avant, pendant et après la guerre, pour sans cesse démontrer, sans aucune fausse interprétation de sa part, puisqu’il procède de façon sutructuraliste sur le vocabulaire heideggerien - à mille lieues de la méthode d’Heidegger, il faut le souligner -, que Heidegger était bel et bien nazi.
D’un autre côté (voyez Paroles des jours), l’unique défense déployée par les avocats de Heidegger consiste en un déploiement proprement militaire de coups bas : carences intellectuelles pour J.-P. Labrousse, calomnie éhontée selon G. Guest, machination et campagne de désinformation selon H. France-Lanord, et, la meilleure d’entre toutes les attaques : faire passer son ennemi pour un fou paranoïaque, constante de l’argumentaire pro-heideggerien - ou plutôt anti-Faye.
Serions-nous donc en guerre mes amis ?!Et serions-nous les nouveaux ennemis ? Nous, les partisans du soupçon et du doute ?
Seulement, la manière dont Fédier et son entourage prennent à coeur les éléments avancés par Faye, avec tant de zèle pour défendre le mentor de Messkirch et tant de mauvaise foi dans le dénie de la vérité, dessert tout bonnement leur position.La bassesse de leurs arguments et leur passion à dénoncer le complot qui se trame autour du “penseur” (mort, il faut le rappeler), ont tout du prosélytisme cultuel. Leur feu trahit une fascination pour Heidegger - fascination directe pour Fédier et par procuration pour ses héritiers intellectuels. En aucun cas ils ne semblent pouvoir passer outre ce qui, s’ils se sentaient un peu moins en porte à faux, devrait plutôt se résumer pour eux à une simple frasque d’historien insensé. Mais chacun sait qu’il n’en est rien.
Pour ma part, je ferai de la “moralité” mon cheval de bataille. Penser sainement l’histoire et les faits, non pour les connaître, mais pour que cette science, quoiqu’elle ne soit jamais objective, atteigne au moins la plus haute impartialité possible et qu’elle ait son utilité morale.
Autre perspective.Pour les moins atteints parmi les partisans de Heidegger, parmi lesquels quelques sorbonnards enthousiastes , le travail de Faye ne serait pas autre chose que la volonté, émanant d’occultes censeurs invisibles, mais prolifiques dans l’art de calomnier, de traîner dans la boue et de manipuler les consciences.Selon eux, ces censeurs empêcheraient tout le monde de penser librement en appelant en effet à boycotter l’enseignement et tout l’oeuvre de Heidegger.
Pour ma part, je garde entièrement la position que j’ai toujours adoptée depuis que je suis “sorti” de Heidegger - à savoir trois années après m’y être follement plongé - et considère que sa pensée n’est rien de plus qu’une pseudo-ontologie. Ses catégories sont insuffisantes.
Mais étudier Heidegger sans parler de son nazisme avéré reviens selon moi à passer sous silence ce que le nazisme représente : non pas une échappatoire ou une erreur allemande dans laquelle des intellectuels de renom se seraient fourvoyés, mais l’expression pleinement consciente d’elle-même du peuple allemand, une volonté générale, à un moment donné et dans des circonstances bien précises, de se jeter à corps perdu dans un processus d’autodestruction orchestré par un chef à la fois autoproclamé et désigné à cette fin.Heidegger ne fut qu’un parmi les allemands. Et en ce sens, il ne mérite pas l’attribut de “philosophe”. Tout au plus admet-on, en suivant ainsi l’avis de Faye, qu’il fut un “penseur nazi”, et en ce sens aussi, nous affirmons qu’il existe bien une “pensée nazie” - contrairement à l’affirmation trop facile selon laquelle le nazisme ne pense pas… Opinion périlleuse qui, pour vouloir défendre à tout prix un penseur compromis avec le mal, va jusqu’à nier que le nazisme ait été tout à la fois construit, rationnel et inhumain.
Débattre et remettre sans cesse sur le métier cette question - ce qu’ont reproché à Farias et à Faye les défenseurs d’Heidegger -, nous amène à lutter contre ces défenseurs, indirectement certes, mais nécessairement, car ils nient la réalité des faits.
Nous ne les combattons que parce qu’ils se sentent le devoir impérieux de répondre aux études historiques sérieuses par de graves accusations.Je le répète, le seul argument phare des heideggeriens consiste à stigmatiser les études de Farias et de Faye comme autant de manipulations, d’escroqueries intellectuelles venant d’auteurs en manque d’intelligence et de compétences, qui plus est complices des grands médias (Le Monde étant toujours le premier visé en ces cas-là).Autant dire des anti-arguments.
Ainsi nous échinons-nous : à vouloir éduquer des plantes desséchées, mais des plantes aux vertus suffisamment efficaces pour produire encore leurs effets sur les étudiants et les jeunes chercheurs.
Donc nous nous exprimons au nom de l’humain - et d’une définition de l’humain qui dominait depuis trois cents ans jusqu’à ce que les grandes guerres et les régimes d’Hitler et Staline viennent créer la cassure irrémédiable - à laquelle on pourra encore moins remédié en allant piocher chez C. Schmitt, M. Heidegger ou E. Jünger, n’en déplaise aux Fédier, Derrida et autres.
L’oeuvre de Faye, pour aussi radicale qu’elle puisse paraître, ne propose qu’une chose : qu’Heidegger soit comme il se doit catalogué dans le registre des auteurs nazis. En quoi y-a-t’il là matière à discuter ?
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“Nous ne parvenons jamais à des pensées. Elles viennent à nous” (Heidegger). Heidegger, il est en attente, tu vois. Il attend, comme pourrait bien dire l’autre borgne… Il attend qu’une pensée lui vienne. Et là, comme par hasard, en v’la une.
“Tapissons-nous, rampons jusqu’au pied de l’arbre où s’est posée l’idée.Attendons, comme le vieux renard, qu’elle entonne un joli chant pour récupérer ne serait-ce qu’une petite croûte de fromage et nous l’assimiler.Une fois assimilée la croûte de cette pensée, tentons de lui donner la forme d’un vrai fromage. Comment faire, dites-vous ?En faisant des phrases. Partons en effet du principe qu’”aucune chose n’est où le mot est absent”. Un seul mot devrait pouvoir faire l’affaire ! Le verbe “Etre” par exemple, que nous allons substantiver à outrance en le répétant à l’infini.Le véritable tout de force, c’est qu’au bout d’un moment, cet “Etre” se sera vidé de son contenu et que nous pourrons y pondre le petit ver de fruit qui deviendra notre “dit” - le “dit” est à la parole comme la mouche pour le ver.
Le “dit” est la raison d’être de nos galimatias, il est, pour nous, l’être de la répétition verbale, le ce-pourquoi-nous-parlons-sans-jamais-définir.Ainsi aurons-nous donné l’illusion parfaite d’avoir pensé. Car seul un tâtonnement lent et fastidieux dans le labyrinthe du mot donne l’impression que nous pensons “en vrai”, c’est-à-dire conformément-à-l’essence-de-la-vérité-qui-advient-du-fonds-de-la-parole, autrement dit, à l’essence du “dit” qui est la même que l’essence de la vérité.Voilà ce que nous appelerons alors “penser”, pour que le doute ne vienne pas investir un discours savamment construit. Dieu sait que nous avons passé du temps dans notre Hütte pour pondre cela.”
30 avril 2007
A propos du livre d'E. Faye
Heidegger, l'introduction du nazisme dans la philosophie
Je poursuis ma lecture de Faye. J’ai recherché une nouvelle fois sur Google. En tapant son nom, c’est avant tout la liste exhaustive de ses détracteurs qui apparaît, les mêmes qui, pour le démonter - non pas son travail, mais lui-même - avancent que son livre Introduction du nazisme dans la philosophie a pour unique raison de son succès la campagne manipualtrice des “grands médias officiels”.
Ainsi je constate que ceux qui crient au complot utilisent la voie tout à fait partiale des moteurs de recherche - dont on sait qu’ils véhiculent aujourd’hui toute l’information à partir de mots clés - pour répondre des accusations lancées contre leur guide spirituel de Messkirch et naturellement contre la mauvaise foi dont ils font preuve - Fédier en tête, un certain Nicolas Plagne qui se veut spirituel en attaquant Faye sur le terrain de compétences qu’il n’a pas et qui se rend par-là même ridicule, Sollers qui se prend les pieds dans les “en gros”, “efin bon”, un truc “formidable comme ça voyez-vous “… comme les autres. Fédier à court d’argument sur Public Sénat bafouille et s’enfonce. Elkabach, plein de prévenance et de gentillesse, lui tend la perche 5 fois de suite. Mais l’autre est trop c.. -
Le principal argument avancé par les défenseurs posthumes d’Heidegger, est celui-ci : Heidegger serait un penseur considérable (dixit Sollers - obsession, je sais).On sait que considérable a deux significations :L’une selon laquelle Heidegger serait un penseur que l’on peut légitimement considérer comme tel. En ce sens, le simple fait de penser - ne serait-ce que ce que l’on va manger ce soir - suffit à faire de nous des penseurs. Mais on devient considérable à partir du moment où l’on est prolifique et où l’on a de l’influence - c’est en ce sens que l’entend Sollers.Admettons donc qu’en sa qualité d’être humain, Heidegger soit un penseur. Je dirais que lui-même ne se considérait pas comme tel, puisqu’on sait que selon lui, qui se définissait en tant que dasein , l’homme ne pense pas encore. A moins, peut-être qu’Heidegger se soit lui-même situé au-delà de la condition existentielle de l’être fini, autrement dit entre le Ciel (Le Walhall de la mythologie nordique pillée par les théosophes, les wagnériens et les nationaux socialistes dans le “terre gelée du Nord“) et la Terre (le sol allemand) dont le temple (sa Hütte) a toutes les caractéristiques d’une cabane d’ermite.Puisque l’homme - en étant que dasein - ne pense pas encore, Heidegger - en tant que penseur - n’est pas un homme comme les autres : il a surmonté l’essence du dasein, pensant réaliser à n’en pas douter, le surhomme nazi : barbare et métaphysicien, sauvage et évolué.
Dire que Heidegger pense, c’est dire qu’il n’est pas seulement un dasein, mais le premier représentant de la “race” de nouveaux dasein qu’il appelait de ses voeux dans ses séminaires de 1933-35 (cf. E. FAYE, Heidegger : L’introduction du nazisme dans la philosophie) : un “dasein penseur”. Toute la philosophie passée n’est donc pas, selon Heidegger, du ressort de la pensée !!Le seul fait de penser, cette seule dimension de sa personne suffirait ainsi à “justifier” son activisme nazi, ramené par les plus grossiers de ses défenseurs à une erreur de jeunesse, à l’aveuglement de la majorité des Allemands. Ceux qui, comme Fédier, connaissent parfaitement l’oeuvre d’Heidegger, sont dans le dénie : Heidegger aurait resisté au nazisme ! Et cela, venant du représentant des ayants-droit d’Heidegger en France !Cet argument - qui n’en est pas un - est aisément réfutable par les séminaires de 1933 et 1935, qui fonde et articule, comme le souligne très précisément Emmanuel FAYE, l’idéologie nationale-socialiste à l’aide de l’aporie ontologique de la philosophie occidentale (Parménide).
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25 avril 2007
F. Nietzsche, La Cas Wagner : Un problème pour musiciens.
Allia, petite collection, 6,10 €
Allia, petite collection, 6,10 €
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18 avril 2007
Ahh… Sollers. A qui mieux mieux.
Je viens d’acheter le livre d’Emmanuel Faye, Heidegger, introduction du nazisme dans la philosophie (Albin Michel) que le Livre de Poche vient très judicieusement de rééditer pour un prix tout à fait dérisoire. Pensez-vous, 9 euros : j’ai sauté sur l’occase !Dès la lecture de la préface à la seconde édition, j’ai voulu lui adresser sans attendre mes remerciements, tout le bonheur et la joie de constater qu’il n’y a pas que mes amis et moi-même à constater que, cela saute aux yeux : bon Dieu ! Heidegger a toujours été un vrai nazi, un convaincu, d’abord ouvertement proclamé durant son rectorat de Fribourg, puis, tout doucement, dès 1945, tout discrètement tapi sous l’écorce du gentil petit bonhomme souriant benoîtement et tartinant son Saint Thomas sur son schwarzbrot.Et puis en tapant sur Google “Emmanuel Faye”, je tombe comme par un hasard inespéré, sur le fan club de Sollers - Maître ès art de se méprendre sur le réel et l’histoire, préférant prendre fait et cause pour tous les tartuffes débonnaires que l’histoire du XXème siècle a produits (Mao, Jean-Paul (les 2) et j’en passe), que pour ceux que la longue tradition universitaire française - gangue de vieux conservateurs grisonnants et académiciens de l’ordre moral selon lui (Onfray n’échappant pas à la règle, d’après Sollers toujours) - a réussi à faire naître et qui, quoiqu’on en dise, se distinguent des dilettantes de tout crin par une certaine “probité” (au sens nietzschéen du terme).
Alors en manière de trait ironique décoché contre Philippe Sollers, que je persiste à ne pas vouloir lire pour ne pas me salir les mains (Nietzsche, je sais…), voici un extrait de l’entretien publié sur son site officiel (sans doute pourra-t-il démentir et affirmer qu’il s’agit là d’un site de fans décérébrés). L’unique question que je poserai avant que toi, lecteur, tu te fasses ne serait-ce qu’une once d’opinion, est cellle-ci : que pense vraiment Philippe Sollers ? Est-il partisan des Lumières ? manifestement non.
“A. Vivian : J’ai cru comprendre… Il y a deux camps dans cette histoire. D’un côté… on a l’impression : les historiens. E. Faye était défendu par J.P Vernant, par feu Pierre Vidal-Naquet, qui nous a quittés cet été, par le sociologue aussi, Jacques Bouveresse. D’un côté les historiens, de l’autre les philosophes purs et durs. Est-ce que je me trompe ?
P. Sollers : Non pas vraiment. Mais je voudrais d’abord signaler l’information la plus importante… Je m’occupe d’une revue trimestrielle assez confidentielle, mais pas tellement, qui s’appelle l’Infini. Le dernier numéro, l’avant-dernier numéro, c’était le numéro 95, c’était un numéro assez gros complètement consacré à Heidegger. C’est plus de trois ans de travail sous la direction d’un philosophe extrêmement remarquable qui s’appelle Gérard Guest. Ce numéro à ma grande surprise - divine surprise ! - a été épuisé en un mois et a été réimprimé depuis aux éditions Gallimard. Donc il ne faudrait surtout pas entendre, dans ce qu’on vient de dire, que Gallimard aurait la moindre réticence quant à la publication de l’œuvre de Martin Heidegger. Alors sur cette affaire, il y a quelque chose de très simple, à mon avis, à dire, c’est qu’Emmanuel Faye, dans son livre, « exit » une vieille affaire qui revient comme le monstre du Lochness. L’appartenance de Heidegger au parti nazi… Bon il y a des livres entiers là-dessus. On ne va pas y revenir… cela durerait trois siècles… Il a fait un pas de plus décisif. Il a dit que la philosophie tout entière de Heidegger était infiltrée, contaminée par une vision du monde nazie. Ce qui est évidemment une faribole et une absurdité. Je rappelle au passage que Heidegger est un penseur absolument considérable. Il a une œuvre en effet énorme. Il a influencé de leur propre aveu… Relisez ce que Sartre en dit… à quel point Heidegger lui avait sauvé la vie pratiquement… la vie de la pensée… Bon, que des penseurs comme Levinas, comme Lacan, comme Foucault, surtout Derrida… dont le nazisme ne parait pas du tout évident.
Sollers - Enfin, voilà, donc il y a une telle exagération, un tel emballement dont la simplification. C’est ça le problème. On vit à une époque médiatique, que vous palpez constamment, où le simplisme, la réduction devient pratiquement pavlovienne. Et donc comme ça il y a des réactions qui sont extraordinairement falsificatrices.
Il y a bien sûr que Emmanuel Faye, selon François Fédier et ses comparses - admirateurs germanistes de Heidegger - est quelque peu “paranoïaque”. A croire que mettre en avant le fonds vaseux d’un philosophe - dont je ne contesterais pas les “compétences”… car ce serait risquer de passer moi aussi pour un parano - est un travail fort risqué.Pour mémoire, les oeuvres de Heidegger sont publiées chez Gallimard, chez qui Sollers est directeur de collection… Attaquer l’oeuvre d’un nazi encensé par les gallimardiens est dangereux dans le contexte actuel : Faye, qui risque de refermer sur lui un débat vieux de 60 ans - aliment indispensable des presses d’imprimeurs -vient de substituer au portefeuille d’actions de Mr Sollers un petit porte-monnaie dont le petit Philippe ne se souvient pas même avoir un jour tenu pochette si ridicule entre ses mains.Et les fils de nantis richement parés ont toujours défendu la cause de la puissance… Les Gallimard au grand coeur n’ont jamais été très regardant sur ce qu’ils publiaient.
Alors en manière de trait ironique décoché contre Philippe Sollers, que je persiste à ne pas vouloir lire pour ne pas me salir les mains (Nietzsche, je sais…), voici un extrait de l’entretien publié sur son site officiel (sans doute pourra-t-il démentir et affirmer qu’il s’agit là d’un site de fans décérébrés). L’unique question que je poserai avant que toi, lecteur, tu te fasses ne serait-ce qu’une once d’opinion, est cellle-ci : que pense vraiment Philippe Sollers ? Est-il partisan des Lumières ? manifestement non.
“A. Vivian : J’ai cru comprendre… Il y a deux camps dans cette histoire. D’un côté… on a l’impression : les historiens. E. Faye était défendu par J.P Vernant, par feu Pierre Vidal-Naquet, qui nous a quittés cet été, par le sociologue aussi, Jacques Bouveresse. D’un côté les historiens, de l’autre les philosophes purs et durs. Est-ce que je me trompe ?
P. Sollers : Non pas vraiment. Mais je voudrais d’abord signaler l’information la plus importante… Je m’occupe d’une revue trimestrielle assez confidentielle, mais pas tellement, qui s’appelle l’Infini. Le dernier numéro, l’avant-dernier numéro, c’était le numéro 95, c’était un numéro assez gros complètement consacré à Heidegger. C’est plus de trois ans de travail sous la direction d’un philosophe extrêmement remarquable qui s’appelle Gérard Guest. Ce numéro à ma grande surprise - divine surprise ! - a été épuisé en un mois et a été réimprimé depuis aux éditions Gallimard. Donc il ne faudrait surtout pas entendre, dans ce qu’on vient de dire, que Gallimard aurait la moindre réticence quant à la publication de l’œuvre de Martin Heidegger. Alors sur cette affaire, il y a quelque chose de très simple, à mon avis, à dire, c’est qu’Emmanuel Faye, dans son livre, « exit » une vieille affaire qui revient comme le monstre du Lochness. L’appartenance de Heidegger au parti nazi… Bon il y a des livres entiers là-dessus. On ne va pas y revenir… cela durerait trois siècles… Il a fait un pas de plus décisif. Il a dit que la philosophie tout entière de Heidegger était infiltrée, contaminée par une vision du monde nazie. Ce qui est évidemment une faribole et une absurdité. Je rappelle au passage que Heidegger est un penseur absolument considérable. Il a une œuvre en effet énorme. Il a influencé de leur propre aveu… Relisez ce que Sartre en dit… à quel point Heidegger lui avait sauvé la vie pratiquement… la vie de la pensée… Bon, que des penseurs comme Levinas, comme Lacan, comme Foucault, surtout Derrida… dont le nazisme ne parait pas du tout évident.
Sollers - Enfin, voilà, donc il y a une telle exagération, un tel emballement dont la simplification. C’est ça le problème. On vit à une époque médiatique, que vous palpez constamment, où le simplisme, la réduction devient pratiquement pavlovienne. Et donc comme ça il y a des réactions qui sont extraordinairement falsificatrices.
Il y a bien sûr que Emmanuel Faye, selon François Fédier et ses comparses - admirateurs germanistes de Heidegger - est quelque peu “paranoïaque”. A croire que mettre en avant le fonds vaseux d’un philosophe - dont je ne contesterais pas les “compétences”… car ce serait risquer de passer moi aussi pour un parano - est un travail fort risqué.Pour mémoire, les oeuvres de Heidegger sont publiées chez Gallimard, chez qui Sollers est directeur de collection… Attaquer l’oeuvre d’un nazi encensé par les gallimardiens est dangereux dans le contexte actuel : Faye, qui risque de refermer sur lui un débat vieux de 60 ans - aliment indispensable des presses d’imprimeurs -vient de substituer au portefeuille d’actions de Mr Sollers un petit porte-monnaie dont le petit Philippe ne se souvient pas même avoir un jour tenu pochette si ridicule entre ses mains.Et les fils de nantis richement parés ont toujours défendu la cause de la puissance… Les Gallimard au grand coeur n’ont jamais été très regardant sur ce qu’ils publiaient.
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